Propos receuillis auprès de Monsieur et Madame BOUCHARD Michel demeurant CHASSE SUR RHONE

""" En 1943-1944, des soldats allemands se trouvaient à CHASSE SUR RHONE -38-, ils étaient cantonnés au château, sous le préau. Les habitants fournissaient du foin pour les chevaux. Il y en avaient beaucoup plus à COMMUNAY, ils étaient environ 200.

Ils faisaient leur pain, ça sentait bon, ils avaient réquisitionné le préau de l'école et les toilettes. Les élèves avaient de heures pour s'y rendre. Les allemands proposaient du pain mais la maitresse interdisait aux élèves d'en prendre. Il y avait également un régiment Mongols, l'un des chefs avait le bras coupé. Ils se rendaient de temps à autre se baigner dans le Rhône.

Les allemands se trouvant à CHASSE SUR RHONE -38- faisaient partie de l'avant garde, ils remontaient du sud de la France."""

 

"""Des soldats français se trouvaient installés en bordure de la RN7, près du bois de « Cornavant » et pilonnaient les allemands venant de VIENNE -38-.

Il y eu de nombreux bombardements à CHASSE SUR RHONE -38-, effectués soit par des avions américains ou anglais, les anglais n'étaient pas précis et lorsqu'ils bombardaient, les parents criaient « sauve qui peut ». Pendant les bombardements, les Chassères se réfugiaient le long des berges du Rhône, sous des tunnels. Ils se mettaient un bout de bois dans la bouche pour ne pas craindre les bombes soufflantes. Le jour du 12 Aout, le bombardement n'avait pas été signalé. En temps ordinaire, il était signalé par les sirènes. Ou alors par les ouvriers travaillant au niveau de la gare de triage, car avant chaque bombardement, des chasseurs passaient à basse altitude un peu comme pour prévenir. Avant chaque bombardement, les chasseurs lâchait des «ballonnets» pour éclairer. Les habitants de CHASSE gardaient les toiles de parachutes pour confectionner des vêtements. Il n'y avait pas d'abri anti-aérien à CHASSE SUR RHONE, hormis au niveau du lavoir sous un abris solidifié par des traverses. Après les bombardements, tous les corps étaient entreposés dans des tranchés creusées le long du cimetière de CHASSE. Après le bombardement, les gendarmes sont allés travailler à ESTRESSIN. ST FONS, VILLEURBANNE, DECINES se trouvaient dans le département de l'Isère, le dernier changement date de 1968. La défense passive se chargeait de sortir les corps des décombres. Ils se javellisaient les mains au retour."""

 

"""Dans la descente des Pins, il y eu des fusillés, par les allemands, ou d'« autres ». Un jour, lors de la libération, M DEVALORS Laurent (maire de CHASSE SUR RHONE) à précédé les troupes américaines alors qu'il se trouvait en vélo, il s'est exclamé « je les ramène, je les ramène ». ils sont arrivés de VIENNE -38- et sont passés à CHASSE SUR RHONE -38- par le quartier du moulin en sortie de SEYSSUEL -38-. Les troupes américaines venaient du débarquement de Provence."""

 

""" Le maquis de CHASSE SUR RHONE comptait une vingtaine de membres et se battaient avec ceux de GIVORS -69-. Sur CHASSE SUR RHONE -38-, il n'y eu aucun acte particulier mais un seul avorté par M DEVALORS, les maquisards voulaient s'attaquer à un train allemand avec pour seule arme une mitraillette. 

A CHASSE SUR RHONE, les résistants étaient surnommés « les résistants de poulaillers ». Dans leur fuite, les allemands dérobaient les vélos de CHASSERE. A l'issue de la guerre, le gouvernement français à remplacé les chevaux saisis par des vieilles carnes.

Une gendarmerie se trouvait route de Givors à CHASSE SUR RHONE, mais elle à été détruite par un bombardement. La ville de TERNAY et de COMMUNAY faisait partie du département de l'Isère.

A CHASSE SUR RHONE, il n'y avait pas de Gestapo ou de milice car des anciens entendaient Radio Londres à fort volume sonore (Le père et la mère MORIN, ils étaient sourd tous deux).

Un jeune CHASSERE est mort des suites de la torture au fort de MONTLUC, un jeune d'origine arménienne. A CHASSE SUR RHONE, il n'y à pas eu d'arrestations de juifs par les Allemands. CHASSE était très cosmopolite, de nombreux latins fuyant le fascisme en Italie sont venus travailler dans les usines des «Hauts fourneaux ».

 

""" Des jeunes Chassères ont perdu la vie sous le pont face à l'église en faisant péter des grenades américaines. Un tunnel existe sous le bâtiment du château, des oubliettes également, le château date de la période de RICHELIEU. Pour paraître plus jeune aux yeux des allemands, certains hommes portaient la culotte courte. 

Les prisonniers à la fin de la guerre travaillaient pour certain à la mine de COMMUNAY (08 puits) ou dans les champs à CHASSE, la famille BOUCHARD disposait de deux soldats allemands pour travailler dans les champs. Il ne s'agit pas de la garnison se trouvant à CHASSE. Ils sont restés environ 02 ans en échange d'un dédommagement. Ils couchaient chez l'habitant. A l'issue de la guerre, un prisonnier allemand est resté vivre en FRANCE.  

Il n'y a pas eu de parachutages de container à destination de la résistance à CHASSE. Il y a un avion qui s'est écrasé dans le Rhône en volant entre les lignes électriques. Des Chassères gardaient les voie ferrés la nuit, ils étaient réquisitionnés par l'État Français. Un tous les 300 à 400 mètres. 

La population était rationnée, un fois pas mois un petit paquet de bombons, orange et citron, du chocolat (barre, noire avec de la crème à l'intérieur), les parents faisaient la queue depuis 05 heures du matin devant l'épicerie pour avoir une seule orange, un quart de beurre, du pain de maïs. La mairie délivrait des tickets de rationnement. Les gens de la ferme arrivaient à se débrouiller, il faisait de la farine en broyant le grain contre deux jantes de voitures, il arrivait à faire du café avec de l'orge grillé. Il faisait de l'huile de colza en la pressant au pressoir. 

Derrière la cantine du château, il y avait des prisonniers Autrichiens, il logeait dans le bâtiment au dessus du comité d'entreprise des Hauts-fourneaux. Après le rationnement, le comité d'entreprise des Hauts-fourneaux allait chercher du pain dans le Jura.

A l'école, les jeunes chantaient «maréchal nous voilà »."""